Là, maintenant, tout de suite, lorsque je vous écris, je me trouve exactement sur les lieux du crime. Sur ma coiffeuse, tablette à la main, entourée de mes chers précieux, la chaleur douce du soleil caressant mes joues pâles.
Déjà les regards inquisiteurs de mes petites boules de poils viennent me rappeler à l'ordre... Oui, j'aime toujours le maquillage. Et non, je ne suis pas devenue folle !
Si je n'ai pas porté de fond de teint ou poudre, depuis une semaine, c'est surtout parce que j'étais malade (enfin, je le suis encore, mais moins). Quand je ne vais pas très bien, ce passe-temps qui aurait très bien pu être du plus grand réconfort, devient vite une corvée. Je préfère alors ne rien porter, plutôt que de m'y obliger.
Bien sûr, il n'y a pas que lorsque je suis malade que je n'en porte pas. Je suis surtout mon envie.
Les origines
J'ai toujours été entourée de femmes coquettes et féminines. Elles ne sortaient pas s'en être parfaitement maquiller. C'était comme un rituel (en tous cas, c'est ainsi que je me le représentais). Elles passaient du temps à choisir leurs rouges Chanel ou à comparer les derniers Saint Laurent. Bref, l'univers de la cosmétique de luxe était une habitude. J'admirais, à condition que ça ne dure pas trop longtemps... Moi, la fillette si pressée de retrouver ses petites voitures (voyez comme j'assumais déjà mon côté masculin, lol) ou ses poneys.
A l'adolescence, je me postais devant le rayon maquillage, perplexe. Ne sachant que choisir et préférant toujours les courses de F1 à une étude approfondie de produits (décidément...).
Puis un jour, je trouvai un khôl à mon goût : un gris tempête. Il m'offrît un regard profond comme je les aime toujours. C'était le début de la fin ! S'en suivi le mascara, les fards, tout ce qui mettait en valeur les yeux.
Des boutons ? Quelle horreur ! Vint une crème de teint, l'Avène... Trop foncé pour mon teint, mais qu'importe, je ne voyais que la disparition de ces quelques laideurs. L'effet orange, c'est au détour d'une photo que je le remarquerais plus tard...
18 ans, la passion s'installe
Ou disons, est déjà bien installée. Celle qui prenait déjà plus de trente minutes pour se préparer à l'internat et immobilisait la suivante sans aucun remord, n'en était qu'à ses débuts ! Le noir avait déjà élu domicile sur ses yeux... Un peu de blanc venait tout de même éclairé ce regard que certains définissaient comme froid.
Plus tard, ça ne s'arrangea pas ! Je faisais patienter parfois des heures, mes amis de l'université, parce que non aujourd'hui, le bleu n'était pas accordé aux nuages (ok, j'exagère un peu. Toutefois, mille excuses pour ces retards et une pensée particulière pour toi Fab', qui acceptait tout ça sans sourciller...).
J'aimais les maquillages sombres, et les chevelus aux reflets couleur de jais. Il me fallait rivaliser d'inventivité pour lui plaire, pour qu'il me redécouvre chaque jour.
25 ans, de l'amour à la haine
Un dérèglement hormonal me fera définitivement adopter le fond de teint. Sauf que ma peau, elle, n'était pas du tout du même avis ! Je consultai un dermato qui choisira de me faire abandonner le maquillage quelques temps, et utiliser des produits plus sains... Tout en m'expliquant qu'il existait une manière différente de consommer. Je crus que le monde s'effondrait à nouveau. Comment présenter un visage comme le mien aux yeux de tous ?!
Je m'en voulais ! De ne pas avoir laisser respirer ma peau. Je leur en voulais surtout à eux, à cette industrie de masse qui vendait ces produits si bien représentés par de prestigieuses stars. A eux qui prétendaient sublimer la beauté. A eux, qui avaient participer à ruiné mon capital beauté.
Dès lors, je ne portais plus rien. Et je constatais mon mal-être chaque matin en face de ce miroir si cruel !
Lorsque j'ouvre mon blog
Je ne suis pas plus apaisée. Je veux juste ne plus faire les même erreurs et éviter aux autres qu'elles ne puissent se produire.
Je me sens perdue lorsqu'il s'agit de choisir un produit. Mes repères ne seront plus jamais les même ! Moi qui ai côtoyé le maquillage de si près pendant tant d'années... J'apprend à lire les étiquettes, à connaître ce que ma peau supporte.
J'en ai appris des choses depuis. Ce fût finalement, un mal pour un bien.
Cet être si susceptible
Un jour, j'entendis cette phrase au détour d'une conversation : "Moi, je n'ai pas besoin de me maquiller pour être belle."
Maladresse ? Bêtise ? Vérité à demi-mot dévoilée ? Ou simple petite pique ? Je ne saurais vous répondre.
Je répondis : "Oui c'est vrai, tu es assez jolie. J'en suis ravie pour toi."
Cette affirmation soulevait une question importante : se maquille t'on pour être belle ?
Personnellement, et quoiqu'on en pense, je me sens suffisamment à l'aise dans mes pompes pour sortir maquiller ou non. Belle ? Pas spécialement, juste ce qu'il faut pour ME plaire, quoique je ne me pose pas la question, et n'étant pas adepte de ce genre de concours... Je laisse le soin aux habitués de se faire juge (il est vrai que les jugements m'importent peu, je n'en ai heureusement pas le temps ;).
Le maquillage est une façon de s'embellir, oui, bien sûr. Mais pas uniquement. Non, le maquillage est, selon moi, une façon de s'exprimer. Une façon de se reconnaître et de s'affirmer ! De changer de style aussi. Et parfois même, un vecteur social. Et oui ! Je discute volontiers de maquillage, et conseille quand on me le demande. J'aime maquiller les autres, les guider. Je m'amuse parfois à regarder certaines femmes en imaginant un maquillage qui corresponde à l'image que je me fais d'elle.
De mon point de vue, le maquillage ne fait que souligner la beauté déjà présente, il ne l'a crée en rien ! La beauté est là, bien présente, même si encore non révélée aux yeux de son porteur.
Alors bon, je ne me suis pas sentie spécialement vexée, je n'ai juste pas eu envie, ce jour-là, de débattre. Trop peu sûre d'obtenir un débat constructif.
A presque 33 ans
Voilà, je poursuis mon petit bonhomme de chemin sur les sentiers du naturel, du bio, du minéral. Et je n'ai plus honte de ce visage. Il est redevenu gai et souriant, épanoui !
Je dis souvent que le compteur s'est bloqué à 29 ans, plus par humour que par coquetterie. Ceux qui me connaissent, savent qu'à mes yeux, la véritable beauté restera toujours celle d'un cœur pur. Le temps, cette empreinte indélébile nous est offerte pour que nous nous souvenions de notre histoire, de nos origines.
A mes yeux, chacun porte une beauté qui lui appartient de découvrir.
Et vous, quel rapport entretenez-vous avec le maquillage ?