Comme je l'expliquais sous l'article d'Anne-Claire, cette thématique m'a rappelée un travail de rédaction datant de plus d'une dizaine d'années (comme le temps passe, n'est-ce pas ?). A l'époque, je me souviens avoir pris pour exemple notre regretté Mickaël Jackson comme modèle aux dérives esthétiques. J'avais traité ce thème avec un vif intérêt (ce qui se ressentit dans la note). Après cette épreuve, nous en avions discuté entre professeur et élèves. Le sujet était polémique. Mon point de vue était alors tranchée : j'étais chef du clan des "contre" ! (Je faisais rarement dans la nuance...)
Aujourd'hui, la grande question que tout le monde se pose (ou pas) est la suivante : "Suis-je toujours contre, et pourquoi ?"
Être blogueuse beauté influence t'il ?
Ce que vous pourriez vous dire, c'est qu'en portant de l'intérêt au monde de la beauté, je puisse naturellement être "pour" la médecine et la chirurgie esthétiques. Après tout, si je "triche" avec les soins et le maquillage, pourquoi être "contre" la chirurgie ?
Et je ne pourrais vous donner tort... A première vue !
J'ai moi-même fait quelques retouches sur mon apparence. Bon, quand je dis "retouches", comprenez rectification de la dentition (merci l'orthodontie). Au final, je suis bien heureuse du résultat ! J'ai enfin obtenu mon "sourire de star" (dixit le chirurgien qui m'enleva les dents de sagesse). Bien que banals et entrés dans les mœurs, ces gestes font partie de la médecine esthétique.
Néanmoins, si je le voulais, j'en aurai des pistes à explorer ! Voyez-vous, si je devais lister le tout, ça donnerait cela :
A côté de cela, on trouvera aussi de la chirurgie plus réparatrice, et là par contre, c'est une tout autre histoire :
De la différence des termes...
De mon point de vue, il existe différentes chirurgies : la chirurgie esthétique et la chirurgie réparatrice.
Si je me place, du côté de la chirurgie réparatrice, je vous dirais qu'évidemment, je suis "pour" ! Parce qu'il s'agit d'un réel besoin. Par exemple, j'ai connu une jeune fille qui s'était fait faire une réduction mammaire car elle souffrait énormément de problèmes de dos. Je comprends tout à fait qu'elle ait ressenti ce besoin.
Maintenant, si je me place du côté esthétique, et que je rencontre une fille qui a déjà une jolie poitrine, peut-être un peu petite (de son point de vue) mais qui veut absolument se la faire refaire. Je lui dirai, si elle me demandait un avis sincère, qu'au lieu de subir cette torture, elle ferait mieux de prendre rendez-vous chez un psychologue qui l'aiderait sûrement à se sentir mieux dans son corps, s'aimer et s'accepter, tout simplement. (Je suis radicale vous trouvez ? Ah mince, je n'ai donc pas changé...)
En revanche, si vous reprenez l'histoire de la jeune fille citée précédemment, et que celle-ci vient me voir en me montrant la boucherie (soyons clair, il s'agit bien là de boucherie) qu'elle a subit lors de sa chirurgie. Alors là oui, je lui répondrais fonce ! (Ah tiens, elle nuance... étrange)
Prenons un autre exemple, imaginez-vous un jeune homme (bah oui après tout, pourquoi pas un homme ?) avec quelques rondeurs, qu'il ne se supporte pas. A tel point qu'il n'ose même plus aborder une femme de peur du rejet. Là encore, s'agit-il d'un réel problème physique ou d'un manque de confiance en soi ? (bon en même temps, je ne suis pas psy... il ne s'agit que d'une hypothèse)
Prenez maintenant une femme, elle-même souffre d'un mal similaire. A la différence que celle-ci se fiche pas mal du regard des autres. Non celle-ci, elle a développé une maladie à cause de son obésité et il est primordial pour elle de perdre du poids. Hors, elle ne le peut pas seule. Alors, elle envisage la chirurgie... Et dans ce cas, je serai la première derrière elle. (Oula, ça devient compliqué à suivre...)
Que sont-ils devenus ?
Ces exemples, je les ai tous connus intimement. Je ne citerai aucun nom, s'ils tombent sur cet article, ils se reconnaîtront.
La demoiselle a la réduction mammaire ratée se sent désormais beaucoup mieux dans son corps. Elle s'aime et j'en suis ravie !
Celle qui, en revanche, trouve sa poitrine trop timide, n'a toujours pas franchi le cap. A mon sens, bien que je puisse comprendre son point de vue, je ne l'y inciterai pas. Je la trouve harmonieuse telle qu'elle est. Peut-être faudrait-il qu'elle est la possibilité de se voir à travers mes yeux ?
Pour le jeune homme se sentant trop rond. Je l'ai rencontré, plus jeune. Je crois que je ne rencontrerai jamais quelqu'un d'aussi drôle ! La vie nous a séparés, malheureusement (/SéquenceSouvenirsON et si tu tombes sur ces quelques lignes, n'hésite à cliquer sur contact... Mon petit breton exilé un temps en Irlande et de retour dans cette ville toute grise... à F, un jour le hasard nous fera peut-être une belle surprise /SéquenceSouvenirsOFF). Je ne pourrais donc vous dire ce qu'il est devenu. Je sais juste qu'au détour d'une conversation téléphonique, il m'avait lancé à l'époque : "Jamais je ne pourrais te rencontrer, mon apparence te ferait fuir, comme toutes celles qui se sont enfuies en me voyant. Pourquoi, cette fois, ça serait différent ?". A cela, je lui avais répondu : "Pourquoi as-tu tenu à me contacter ? Crois-tu que je sois de celles qui s'arrêtent à l'apparence ? Crois-tu si bien me connaître ?" S'en suivit une belle amitié... Alors oui, il était effectivement un peu rond. Mais harmonieux ! A ce jour, je me dis toujours que ça ne choquait pas. En tous cas, pas au point de ne pas vouloir lui parler ou marcher à ses côtés... Non, il n'était pas qu'un physique, il était bien plus que ça ! Un garçon qui forçait le respect pour sa capacité à aller de l'avant, à se remettre en question. C'est celui qui possédait des yeux d'un bleu éclatant ! C'est aussi celui qui avait su ouvrir son esprit et comprendre à quel point le physique n'était qu'un point de départ et non une fin (bah ouais, tu vois aujourd'hui à quel point tu peux me manquer...). Bref.
Pour celle qui ne pouvait pas maigrir seule, il y a eu une intervention. Elle doit maintenant faire attention. La chirurgie l'a aussi aidée à se sentir mieux. Je la trouve plus sereine, plus douce et moins agressive.
Au travers de ces rencontres, j'ai voulu vous faire comprendre mon point de vue. Que lorsqu'il est nécessaire, pour sa propre santé, de passer par la chirurgie, alors oui, pourquoi pas. Mais en aucun cas, elle n'est anodine ! Parce qu'il y a des "ratés", et que ça n'arrive pas qu'aux autres. Parce qu'il y a aussi la pression, qui entre bien trop souvent en jeu.
Quelle créature vit en moi ?
Et là, je prendrais pour exemple, mon propre cas. Comme vous avez pu le lire, j'ai quelques "difformités" (Frankenstein Inside).
J'ai un genou qui me pose pas mal de souci, il n'est pas droit. Pour que vous compreniez, lorsque je me tiens droite, mes deux jambes forment un "K". Ma démarche n'est donc pas des plus jolies lorsque je ne la contrôle pas. Mon bassin est quant à lui de travers... Donc bon, autant vous dire qu'il est impossible de ne pas voir mon postérieur ! J'ai envisagé la chirurgie réparatrice un temps. En discutant avec mon kiné de l'époque, j'ai très vite changé d'avis : 75% de réussite pour chacune des opérations (il en aurait fallu initialement deux). Ce qui fait : 25% de ratés... Wow ! Sans compter, la rééducation : un an alitée, plus deux ans de rééducation en centre, pour chacune. Nous arrivons à six ans... Wow ! Sauf que mon dos et mes chevilles se sont habituées à ces "difformités". Ah, donc envisageons de nouvelles chirurgies... Wahou ! Ok, STOP ! J'avais 16 ans.
Plus tard, j'ai repensé mon avis sur la question. Je ne rentrais plus dans mon 38 de l'époque "Jeune et Jolie". La société avait décidé que les rondeurs étaient has been ! J'ai donc haï mon apparence pendant de nombreuses années, et le verbe est faible ! J'ai fini chez un endocrinologue, qui conclut notre entrevue par un mémorable : "Essayez de ne pas prendre de poids. C'est la seule chose qu'il vous reste à faire. Votre corps refuse de maigrir. Quant à la chirurgie, vous n'y êtes pas... Rassurez-vous." Je suis sortie de son bureau, complètement vidée et déboussolée. Mon espoir venait de s'envoler avec cette phrase ! Jamais je ne serais "normale" ! Monsieur me posait mille questions, je les entendais, mais ne pouvais y répondre, je tentais de contrôler le torrent de larmes qui allaient suivre... Après cet épisode, je me détestais encore plus. J'avais vraiment la sensation d'avoir un boulet au pied. Et le pire ? On ne pourrait jamais l'enlever ! Moi qui avais été celle qui ne réduisait pas son ami à un physique, j'étais moi-même devenue esclave de mon image. Lorsque j'ai ouvert ce blog, je crois que j'avais besoin de me réapproprier ce corps. Je ne l'aimais toujours pas, mais je voulais pouvoir vivre malgré tout.
A ce moment là, les sleeve, bypass, et autres, se démocratisaient. Je voyais les bienfaits sur celles et ceux qui étaient passés par là. Un jour, je revis une femme qui avait repris tous ses kilos envolés grâce à la chirurgie. Je compris que ça n'était pas une solution miracle. Puis, j'entendis un truc de malade (certaines idées sont lumineuses, ou est-ce la lumière qui ne serait pas arrivée à tous les étages ?! pardon, mais franchement...), certaines femmes se faisaient grossir pour pouvoir passer par la chirurgie ! Marcherait-on sur la tête ?! J'étais choquée, je trouvais ça ridicule et dangereux : la chirurgie n'est pas un acte anodin !
En parallèle, je suivais des blogs et pages de rondes. Des parenthèses positives, des personnalités incroyables (Merci Marilyne pour ton soutien) et mon regard sur la rondeur changeait. Je trouvais ces femmes belles, même avec leurs rondeurs, des rondeurs qui ressemblaient aux miennes. Jusqu'à ce jour, où j'ai enfin pris conscience que mon corps n'était pas un fléau. Que ce que je voyais comme des défauts, n'en étaient pas forcément ! C'était moi, mon histoire, ma vie. J'ai cessé de me juger. J'ai accepté ma nouvelle image, je me suis réconciliée avec moi-même. J'étais enfin en paix ! A partir de ce moment là, mon corps à accepter sans vraiment savoir pourquoi, de s'affiner, à son rythme. Je pense que la chirurgie n'était donc pas faite pour moi, comme je l'avais pressenti.
De notre rapport à l'image...
La société nous pousse à avoir un corps parfait ! Mais qu'est ce qu'un corps parfait ? Pour moi, pour toi, pour lui, pour elle, jamais nous n'aurons la même définition du mot "parfait". Je pense que nous sommes souvent esclave d'une image, qu'on se construit, oubliant jusqu'à ce que nous sommes... Puis, un jour, au détour d'un coin de rue, ou d'une conversation, vous arrivez à lire dans le regard de l'autre ou derrière ces mots, que vous valez plus qu'être réduit à une simple image. Celle-là même qui au fil des années, évoluera.
Derrière vos rides, les millions de rires, les milliers d'espoir, et les centaines d'épreuves surmontées. Derrières vos kilos se cachent peut-être ceux qui font de votre vie, une richesse, ou peut-être est-ce ces repas partagées, qui ont fait de vous l'ami fidèle qu'on aime tant, ou encore cette maladie qui a fait de vous cette personne forte et courageuse qu'on admire ? Derrière ce que vous jugez comme une "difformité", peut-être est-ce cette petite différence qui aura fait de vous cet être unique, ce qui aura été un plus aux yeux de votre cher et tendre ?
Bref. J'avais choisi d'écrire un tout autre article à l'origine. Et je me suis rappelée comme il est important de s'aimer tel qu'on est. Comme il est important de le comprendre et non pas de se le réciter ! Que lorsque je regarde en dehors, je m'aperçois que la Nature est merveilleuse. Et que si on pousse la théorie un peu plus loin, on se rend compte que nous faisons tous partie de cette Nature. Pourquoi vouloir correspondre à un même stéréotype alors que c'est la diversité qui crée la richesse ?
Je me demande encore si je ne me suis pas un peu égarée en chemin... Mais je tenais à publier cet article malgré tout. Je voulais juste rappeler que la vie est trop courte pour passer son temps à vouloir se changer. Prenez cinq minutes, regardez-vous dans un miroir, posez-vous ces questions et répondez honnêtement. Que voyez-vous vraiment ? Pensez-vous mériter ces heures de souffrances ? Pensez-vous réellement aller mieux après votre chirurgie ?
Je ne suis personne pour juger l'autre. Je ne fais qu'émettre mon avis, un peu plus nuancé parce que je me focalise moins sur ces chirurgies à outrance, et pourtant Dieu sait comme il y en existe de plus en plus...
Non, cette fois, j'avais envie, j'avais besoin d'aborder le sujet sous un autre angle qu'autrefois.
BRAVO ! Si tu lis ces quelques lignes, c'est que tu t'es montré(e) courageux(se) !
Si le cœur t'en dis, n'hésites pas à poster ton avis ;)
♥ Excellent Lundi ♥